icon_citationLa Société Française d’Histoire du Sport (SFHS) est une association composée principalement d’universitaires et de professeur.e.s agrégé.e.s appartenant au champ des STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives). Après un premier élan dans les années 1980-1990, elle renaît au début des années 2000. Elle se donne comme fonction d’instiller une dynamique de reconnaissance à une discipline qui mérite de dépasser le cercle intime des initié.e.s pour s’épanouir, par ses analyses pertinentes, dans une société où « le sport appartient à tout le monde ».

Edito du président #8

Le 07 septembre 2016 nous apprenions la disparition de Pierre Arnaud. Pour beaucoup d’entre nous, elle fut un choc tant Pierre faisait partie de nos vies. Certain-e-s avaient été initié-e-s à l’occasion de ses enseignements, d’autres avaient pu le croiser à l’occasion d’un colloque ou d’un simple échange informel, tout le monde connaissaient son nom et ses travaux. Retiré depuis plusieurs années dans son havre de paix de Chozeau, il faisait partie des rares personnes dont le simple nom évoquait en effet beaucoup. Empreint d’un humanisme qui s’imposait dès les premières minutes de discussion, il était un homme de passion et d’engagement. Une passion d’abord pour l’enseignement qui se traduisait par la proximité qu’il était capable d’instaurer avec ses étudiant-e-s. Engagé également dans les recherches qu’il menait, elles étaient pour lui l’occasion de donner un sens à son métier. Plusieurs de ses ouvrages ont bouleversé les manières d’appréhender politiquement, culturellement et socialement l’activité physique.

Militant infatigable pour le développement de la filière universitaire STAPS, il représente une figure tutélaire pour tous les historiens du sport français. Bien que quelques travaux aient pu être initié jusque-là, il est à l’origine du développement, dans un temps très bref, de l’histoire du sport. Création d’un laboratoire, d’une collection éditoriale, conférences dans la plupart des universités, mise en place d’une session au sein des CTHS à partir de 1991 qui devint en 1996 les Carrefours d’histoire du sport, collaborations internationales, encadrement de plusieurs étudiants de DEA et de thèses, expertises pour plusieurs revues, publication d’ouvrages de référence sont quelques exemples de ses activités qui ont contribué à structurer un domaine de recherche. Il fait incontestablement partie de la catégorie des pionniers qui ont su imposer l’idée que le sport devait être considéré comme un objet d’histoire légitime donnant à réfléchir sur les sociétés contemporaines.

Travailleur inlassable, il avait un sens du collectif peu commun. Il considérait en effet que la connaissance se construisait dans les échanges avec ses collègues et il fut à l’origine de plusieurs initiatives mobilisant une communauté qu’il sut mettre en mouvement. Ce n’est pas le moindre de ses mérites d’avoir su tirer le meilleur de chacun-e. Cette manière d’être et de faire constitue l’une des leçons que nous devons retenir de son parcours.

Sa disparition laisse un grand vide mais son action demeurera indélébile.

Michaël Attali